La fraude à l’identité n’est plus celle que l’on connaissait. Si les chiffres globaux semblent rassurants, la réalité est toute autre : les cybercriminels ont changé de méthode. Moins d’attaques, mais des tentatives bien plus sophistiquées.
L’IA générative est désormais leur meilleur allié. Elle permet, en quelques clics, de créer des deepfakes très convaincants.
Résultat ?
+180 % de fraudes sophistiquées dans le monde.
En France et en Belgique, les tentatives de fraude par deepfake ont quasiment doublé cette année.
Les entreprises européennes en première ligne
Le paradoxe est frappant : bien que les taux de fraude reculent légèrement, leurs conséquences s’aggravent. En 2025, plus d’une entreprise européenne sur deux a été victime d’une fraude. Pourquoi ? Parce que beaucoup s’appuient encore sur des vérifications manuelles, lentes et facilement contournables par des fraudeurs patients et bien outillés.
Des secteurs particulièrement visés
Certains domaines sont plus touchés que d’autres. Les services professionnels comme les cabinets d’avocats ou d’expertise comptable enregistrent une hausse spectaculaire des fraudes. L’e-commerce, le secteur bancaire, les crypto-actifs ou encore les jeux en ligne sont aussi régulièrement ciblés, souvent à cause de failles dans les processus de vérification d’identité.
Émergence d’une fraude industrialisée
Dans le futur, les experts s’attendent à voir apparaître une fraude organisée à grande échelle. Avec l’arrivée des « agents autonomes » dopés à l’IA, capables de créer et piloter plusieurs identités à la fois, on assiste à la naissance du « fraud-as-a-service ».
Des kits de fraude clé-en-main, des identités synthétiques prêtes à l’emploi, des attaques coordonnées par IA : les moyens deviennent industriels, même si les fraudeurs restent peu nombreux.
Un défi technique et réglementaire
Face à ces nouvelles menaces, les outils classiques ne suffisent plus. Les entreprises doivent mettre en place une surveillance continue, automatisée et capable de détecter les signaux faibles. L’Europe avance sur le plan réglementaire (AI Act, encadrement des deepfakes), mais la technologie avance plus vite que les lois.
Vers une nouvelle forme de vérification
À mesure que les IA deviennent des acteurs à part entière des interactions numériques, une nouvelle question se pose : comment vérifier qu’un agent est bien ce qu’il prétend être ? La vérification d’identité ne concernera bientôt plus seulement les humains… mais aussi les machines.
Conclusion : un risque devenu invisible
La fraude à l’identité ne fait plus de bruit. Elle infiltre les systèmes sans fracas, gagne en discrétion et en efficacité. Les entreprises ne doivent plus se contenter de contrôler ponctuellement. Elles doivent surveiller, anticiper, et surtout, adapter leur défense à un ennemi qui évolue à toute vitesse.